Non à la discrimination des races!

April 24, 2015

 

Plusieurs villes à travers le Québec possèdent des lois qui discriminent certaines races de chiens. Elles les classent comme nuisances publiques. Certains ont tenté, à plusieurs reprises, de faire abolir ces lois à l’aide de pétitions qui ont été signées par des dizaines de milliers de personnes. D’autre ont organisé des marches pacifiques, mais les choses ne bougent pas. Plusieurs dirigeants ne se donnent même pas la peine de regarder ces pétitions. Pourquoi? Tout simplement  parce que leur idée est déjà faite. Évidemment, les médias  savent de quoi ils parlent, beaucoup plus que les spécialistes en comportement canin.

 

Les médias se donnent la liberté de sélectionner les images qui seront diffusées à la population, et bien sûr, s’ils ont le choix entre :

  • un tableau montrant un labrador (qui s’est doté de l’image du bon chien de famille) qui mord une jeune fille

ou encore

  • un tableau montrant un  pitbull ou d’un rottweiler (qui ont été classés comme dangereux / nuisances publiques)  qui mord un homme

 

quelles images croyez-vous qu’ils vous montreront? Pourtant, il y a autant de labradors qui mordent que de pitbulls.

 

Le texte que vous lirez ici est basé simplement et uniquement sur des faits, car c’est sur les faits qu’il faut s’appuyer si l'on veut  faire voir aux dirigeants que nos chiens méritent le respect qu’ils ont malheureusement perdu au fils des années.

 

Les pitbulls, les boxers, les bullterriers et plusieurs autres sont perçus par une grande partie de la population comme des races de chiens dangereuses, mais qu’en est-il vraiment?

 

Si nous prenons un bébé naissant issu d’une famille de criminels endurcis, et que nous le plaçons dans une famille modèle, celui-ci a beaucoup plus de chance de devenir un bon citoyen qu’un bandit. Pourquoi? Parce que s’il est vrai que la génétique a un effet sur le comportement qu’on ne peut pas nier, il ne faut pas oublier non plus que l’éducation et l’environnement jouent un rôle encore bien plus important dans le développement de l’enfant.  Il en va de même pour l’animal.

 

Voici un extrait de Tout sur la psychologie du chien, un ouvrage écrit par le Dr. Joël Dehasse(1) en 2011.

 

«Le chien naît avec un tempérament défini et un potentiel agressif et réactif qu’on ne peut pas nier ni négliger»

 

Ceci-dit, la phrase populaire auprès des défenseurs de cette cause qui dit qu’il n’y a pas de mauvais chiens, seulement de mauvais maîtres, est malheureusement inexacte. En effet, ça serait comme d’affirmer qu’il n’y a pas de mauvais enfants, seulement des parents indignes. Cette croyance est injuste, car la génétique a aussi ses torts dans cette histoire. Par contre, comme l'affirme le Dr. Dehasse;

 

«Ce n’est pas parce que l’agression a une base génétique que pour autant il existe des races dangereuses; faire cette déduction  est hasardeuse et n’est basé sur aucune observation scientifique»

 

Le fait est que, n’importe quel chien dans une situation bien précise est potentiellement dangereux. Chaque chien est un individu avec une pulsion agressive qui lui est propre, et qui ne dépend aucunement de la race. Autant un pitbull peut vous percer le bras, autant un shih tzu ou un teckel peut vous arracher le nez!

 

Si on veut vraiment les villes de notre côté et qu’on veut faire abolir ces règlements discriminatoires, il ne faut pas s’en prendre aux dirigeants. Il faut seulement les aider à trouver de VRAIES solutions pour régler les problèmes de morsures dans les municipalités. Évidement la solution n’est pas d’interdire certaines races de chiens, car comme on peut le constater par les études du Dr. Dehasse, la race du chien n’a pas d’incidence sur la dangerosité de celui-ci. Alors, que doit-on faire?

 

Premièrement, il faut se poser les vraies questions. Qu’est-ce que le danger exactement? Un chien à lui seul n’est pas dangereux. Pour qu’une agression ait lieu, il doit y avoir un contexte qui favorise celle-ci. Par exemple,  si un chien avec un haut potentiel d’agressivité et qui a déjà mordu à plusieurs reprises est enfermé seul dans une cage, il représente un danger d’agression beaucoup moins grand qu’un chien qui n’a jamais mordu, mais qui est craintif et entouré d’enfants qui ne savent pas comment agir en présence d’un chien.

 

Les villes sont déjà dotées de réglementations qui diminuent la probabilité qu’une agression ait lieu sur les terrains de la municipalité. Par exemple, les règlements obligeant le port de la muselière dans les lieux publiques pour tous chiens ayant déjà mordu et l’obligation de garder les chiens en laisse en tout temps, peu importe la race, sont de bons exemples de règlements qui assurent la sécurité publique.

 

Une autre solution pourrait être d’instaurer une loi qui applique le même principe que dans les évènements publics où les chiens sont admis. Chaque chien devrait avoir en tout temps accroché à sa laisse un bout de tissu de la couleur approprié selon son tempérament : jaune pour un chien réactif, et rouge pour un chien potentiellement dangereux.

 

Plusieurs études démontrent également que les enfants sont plus à risque de morsures que les adultes. La raison étant qu’ils sont moins conscientisés au fait qu’un chien peut représenter un danger, alors ils sont imprudents lorsqu’ils les approchent. Le fait de faire participer les enfants d’âge scolaire et préscolaire à des ateliers de prévention des morsures pourrait également faire partie de la solution.

 

Je crois qu’une démarche comme celle-ci, basée sur des faits et qui propose des solutions concrètes aura beaucoup plus d’impact qu’une pétition ou une marche.

 

S’il vous plait faîtes circuler et envoyez ce texte aux municipalités qui ont encore ce type d’interdiction et si vous avez également d’autres idées qui permettraient de diminuer les agressions, faîtes-leur en part. Plus ils recevront ce texte, plus ils auront de chances de le lire et de vraiment y porter attention. Aidez la cause en posant un geste qui fera la différence.

 

Merci à l’avance pour ceux qui le feront.

 

Fanny Lachance,

Intervenante en comportement canin.

 

 

 

 

 

(1)    Le Dr Dehasse est diplômé docteur en médecine vétérinaire depuis 1979, et vétérinaire comportementaliste depuis 1998. Il reconnut mondialement et a été certifié spécialiste européen en comportement des animaux de compagnie en 2002. Le Dr. Dehasse a publié plusieurs ouvrages et articles scientifiques quant au comportement canin. Il est donc une référence de choix dans le domaine.

 

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